Certaines argiles ne nécessitent aucune préparation
pour un montage au colombin. Elles sont en effet suffisamment plastiques
et suffisamment dégraissées pour être utilisées en l'état. Il arrive
cependant qu'un "nettoyage" soit nécessaire quand l'argile enferme
des cailloux et autres déchets naturels. Pour séparer ces éléments
de l'argile, il faut après récolte, plonger l'argile dans une bassine
(poubelle) remplie d'eau et avec un bâton remuer le tout. Laisser
passer quelques jours en remuant de temps à autre, parfois si l'argile
est trop plastique, elle peut en être étanche à l'eau ce qui rend
l'opération plus longue. Quand l'argile est totalement "diluée" laisser
reposer quelques jours pour que la sédimentation s'opère. En siphonnant
l'eau de la cuvette, vous pourrez récupérer dans la cuvette l'argile
fine en surface, et dans le fond les graviers et autres cailloux.
Selon l'eau qui reste à ce moment dans l'argile, elle
sera déjà plus ou moins collante, une argile trop humide ne peut pas
être travaillée, il faut donc la faire ressuyer. Il sera sans doute
plus pratique de séparer l'argile en différents pains de quelques
kg (2 - 3 kg) plutôt que de travailler 20 kg d'un coup ! Les pains
seront placés dans des sacs étanches (type sac poubelle), ceux-ci
seront maintenus ouverts dans un premier temps pour laisser le ressuyage
se réaliser. Il pourra être nécessaire de malaxer l'argile pour éviter
un dessèchement au pourtour. C'est à ce stade qu'il est le plus facile
d'introduire un dégraissant (sable) ou de la chamotte (terre cuite
pilée). Mais à ce stade, si vous ne connaissez pas votre argile, vous
ne savez pas les quantités de sable nécessaires pour dégraisser, ni
la sensibilité au retrait et donc les besoins du chamottage.
Le dégraissant a pour rôle de rendre l'argile moins
collante, en ajoutant du sable siliceux ou améliore la texture de
la pâte si la poterie que l'on veut faire est fine, le dégraissant
ne devra pas être trop grossier, il pourrait être nécessaire de tamiser
le sable ou d'utiliser un sable fin (style sable pour sablage au pistolet).
Il faudra au préalable avoir une pâte suffisamment
sèche pour ajouter du sable jusqu'à ce que vos doigts puissent malaxer
le tout sans coller (l'ajout de chamotte ne sera peut-être pas nécessaire,
c'est pourquoi il faudra faire quelques essais de réalisations pour
mieux connaître votre pâte). Si votre argile
est plutôt riche en élément réfractaire (kaolin), le
chamottage
ne sera peut-être pas utile.
Retrouvons votre pain d'argile dans son sac ouvert
en train de ressuyer à l'ombre. Après quelques heures ou quelques
jours, selon la température et l'hydrométrie,
votre pâte aura la consistance d'un beurre frais, vous pourrez rajouter
le sable et bien malaxer. Votre pâte sera prête quand vos doigts pourront
y entrer et ressortir sans coller. Vous pourrez alors fermer le sac
pour maintenir votre pâte en l'état et l'utiliser ultérieurement.
Les essais nécessaires
pour connaître votre pâte
Parfois une approche empirique ne permet pas d'avoir
de bons résultats, il est alors nécessaire de pratiquer des essais
systématiques et quantifiés pour connaître son argile. Voilà comment
je pratique : - à partir d'une argile brute, je fais 15 boulettes
de 60 g., ce qui me permettra de faire 15 petites poteries.
Ex. A1 : - pâte brute. A2 : - sable 5 g. - chamotte
5 g.
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1
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2
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3
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4
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5
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A
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s0c0
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s5 c5
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s10 c5
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s15 c5
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s20 c5
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B
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s5c0
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s5 c10
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s10 c10
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s15 c10
|
s20 c10
|
C
|
s0c5
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s5 c15
|
s10 c15
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s15 c15
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s20 c15
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cela permet d'avoir une gamme suffisamment large pour
avoir une bonne idée de l'argile, tant sur sa malléabilité et comportement
à la fabrication et ultérieurement comportement à la cuisson et résistance
au choc thermique. La réalisation des petites poteries d'essai sera
réalisée rapidement par enfoncement du pouce au centre de la boulette
et affinement par pression entre le pouce et l'index, ce
qui n'est pas si simple quand on manque d'expérience, mais c'est très
formateur !
